Une fécondation in vitro consiste à faire se rencontrer un ovocyte et des spermatozoïdes dans un laboratoire, puis à replacer l’embryon obtenu dans l’utérus. C’est une des trois techniques d’assistance médicale à la procréation autorisées en France, avec l’insémination artificielle et l’accueil d’embryon. Une tentative complète s’étale sur environ six semaines : à peu près douze jours de traitement hormonal, une ponction des ovocytes au bloc, deux à cinq jours de développement embryonnaire au laboratoire, le transfert, puis quinze jours d’attente avant la prise de sang.
Voilà pour la définition. Si vous cherchez ce qu’est une FIV, ce que vous voulez surtout savoir, c’est probablement plutôt : ce qui va se passer, dans quel ordre, et combien de temps cela va prendre. Cet article suit donc le calendrier réel d’une tentative. Laurence explique simplement les repères médicaux, et nos souvenirs communs remplissent ce qui ne figure sur aucun protocole : trois de nos quatre enfants sont arrivés après trois ans de parcours, plusieurs tentatives et des échecs.
A noter : chaque protocole est différent. C’est pourquoi nous vous donnons des fourchettes de temps. Cela sera adapté à votre situation précise et au rythme de votre corps.
L’essentiel en 30 secondes
- Jours 1 à 12 environ : injections quotidiennes d’hormones pour faire mûrir plusieurs follicules, avec échographies et prises de sang de surveillance.
- Le soir du feu vert : une injection dite « de déclenchement », à une heure très précise.
- 36 heures plus tard : la ponction des ovocytes au bloc, sous anesthésie, en hospitalisation de jour.
- Le même matin : le recueil de sperme du conjoint, ou la décongélation des paillettes.
- Quelques heures après : la mise en fécondation, en FIV classique ou en ICSI.
- 2 à 5 jours après la ponction : le transfert d’un embryon dans l’utérus, sans anesthésie.
- 12 à 14 jours après le transfert : la prise de sang qui donne le résultat.
Les embryons de bonne qualité qui restent sont congelés, pour un transfert ultérieur sans refaire toute la stimulation.
Quand appeler votre centre sans attendre
Pendant la stimulation et dans les jours qui suivent la ponction, certains signes justifient d’appeler votre centre d’AMP immédiatement. L’Agence de la biomédecine les décrit comme ceux d’une hyperstimulation ovarienne, c’est à dire une réponse excessive des ovaires au traitement :
- une prise de poids brutale ;
- un ventre très gonflé, tendu, douloureux ;
- des nausées, des vomissements ou une diarrhée importants ;
- une gêne respiratoire ou un essoufflement.
Votre centre vous a remis un numéro d’urgence. Gardez-le dans votre téléphone dès le premier jour du traitement. Une douleur pelvienne forte, de la fièvre ou un saignement abondant après la ponction justifient également un appel immédiat.
Une FIV, c’est quoi exactement ?
Dans une conception naturelle, la rencontre entre l’ovocyte et le spermatozoïde a lieu dans la trompe. La FIV déplace ce rendez-vous dans un laboratoire. Le principe tient en quatre gestes : faire mûrir plusieurs ovocytes au lieu d’un seul, aller les chercher, les mettre en présence des spermatozoïdes, puis replacer dans l’utérus l’embryon obtenu. Le reste est de la logistique et de la surveillance.
L’expression latine « in vitro » signifie « dans le verre ». Les embryons se développent en incubateur, dans des conditions réglées pour ressembler à celles de la trompe. Le mot « éprouvette » de l’expression populaire ne correspond donc à rien.
FIV classique ou ICSI : la différence en une phrase
En FIV classique, le biologiste dépose les ovocytes et les spermatozoïdes préparés dans la même goutte de milieu, et la fécondation se fait seule. En ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde), il choisit un spermatozoïde et l’injecte directement dans l’ovocyte à l’aide d’une micropipette. L’ICSI est proposée principalement quand le sperme présente des anomalies de nombre, de mobilité ou de forme.
Le choix ne vous appartient pas, et c’est un soulagement pour beaucoup de couples : il découle du bilan d’infertilité et il est posé par l’équipe médicale.
À qui s’adresse une FIV
En France, l’assistance médicale à la procréation est accessible aux couples formés d’un homme et d’une femme, aux couples de femmes et aux femmes non mariées. L’Assurance Maladie précise qu’aucune discrimination d’accès n’est possible, notamment sur l’orientation sexuelle ou la situation de famille.
Elle est proposée quand la conception naturelle est très improbable ou quand d’autres techniques ont échoué : trompes bouchées ou absentes, anomalies importantes du sperme, endométriose évoluée, réserve ovarienne diminuée, échecs répétés d’insémination, ou infertilité inexpliquée après un bilan complet. Trois pratiques restent interdites en France : la gestation pour autrui, l’AMP après le décès du conjoint, et la méthode ROPA au sein d’un couple de femmes.
Pour la vue d’ensemble des techniques avant d’entrer dans le détail de la FIV, commencez par notre article Qu’est-ce que la PMA ?
Avant le jour 1 : les mois qui ne figurent sur aucun calendrier
Les articles sur la FIV commencent presque tous à la première injection. Dans la vraie vie, une année entière peut s’être écoulée avant elle.
Le parcours monte par paliers. D’abord les essais naturels, et le temps qu’il faut pour constater que la grossesse ne vient pas. Ensuite le bilan des deux côtés : spermogramme pour l’homme, dosages hormonaux, échographies et exploration des trompes selon les cas pour la femme. Ensuite, souvent, des traitements pour stimuler l’ovulation, parfois une insémination. La FIV arrive après, quand ces étapes n’ont pas suffi. À chaque palier s’ajoutent les délais de rendez-vous et l’entrée dans un système administratif que vous découvrez. L’Assurance Maladie rappelle par ailleurs que le consentement écrit des deux membres du couple, ou de la femme non mariée, est obligatoire avant de commencer.
Chez nous, il s’est écoulé environ un an entre le moment où le mot « PMA » a été prononcé pour la première fois et la première tentative de FIV. Nous n’avons rien trouvé anormal sur le moment, parce que nous ne connaissions rien à tout cela. Chaque rendez-vous apportait une découverte, et cette succession de nouveautés fait passer les mois sans qu’ils se comptent.
Le mot de Guillaume : « il n’y a pas de je, il n’y a pas de tu, il y a nous »
Personne ne vous prépare à cela, et pourtant c’est le premier vrai choc du parcours. Les bilans servent à trouver ce qui bloque, et ils finissent souvent par désigner quelqu’un : un spermogramme qui montre trop peu de spermatozoïdes, des trompes abîmées, une réserve ovarienne basse.
Ce jour là, celui ou celle qui est désigné peut ressentir une culpabilité énorme. La phrase qui tourne en tête, c’est « c’est ma faute », et juste derrière, « avec quelqu’un d’autre, ça marcherait ».
J’ai toujours refusé de raisonner comme cela. Même quand mon spermogramme était bon, je considérais que le problème était le nôtre, pas celui de Laurence. Nous nous sommes rencontrés, nous nous aimons, nous voulons un enfant ensemble : c’est donc nous qui avons une difficulté, et c’est nous qui cherchons une solution. Il n’y a pas de je, il n’y a pas de tu, il y a nous.
Si vous ne retenez qu’une phrase de cet article, gardez celle là. Elle ne changera pas vos résultats d’examens. Elle changera la façon dont vous les traversez à deux.
Je développe tout ce que traverse le conjoint, du spermogramme au recueil de sperme, dans notre article sur le vécu de l’homme pendant une PMA.
Les étapes d’une FIV, jour par jour
Les repères qui suivent décrivent le déroulement le plus courant. Votre protocole peut être différent : certains centres commencent par une phase de blocage d’environ deux semaines, d’autres démarrent directement. Votre équipe adapte les doses, les dates et la surveillance à votre situation, et c’est son calendrier qui fait foi.
Jours 1 à 12 environ : la stimulation ovarienne
Chaque mois, votre corps amène naturellement un seul ovocyte à maturité. Le traitement de stimulation vise à en faire mûrir plusieurs en même temps. Concrètement, cela signifie une injection sous-cutanée par jour, dans le ventre ou la cuisse, à heure régulière, avec un stylo comparable à ceux utilisés pour l’insuline. Vous les faites vous-même, votre conjoint les fait, ou une infirmière passe à domicile. En parallèle, l’équipe surveille la réponse de vos ovaires par des échographies et des dosages hormonaux : c’est cette surveillance qui ajuste les doses et fixe la date de la ponction.
Chez nous, Laurence se faisait les injections elle-même, à la maison. Cette partie s’apprivoise vite. Le reste a été plus dur : les rendez-vous dépendent du laboratoire, ils tombent tôt le matin, ils se confirment la veille, et nous habitions loin du centre de PMA.
Sur le moment, cela nous a paru secondaire, parce que l’envie que ça marche prend toute la place.
Le traitement hormonal, lui, se fait sentir. La fatigue arrive, le poids bouge, l’irritabilité monte : ce sont des hormones à doses élevées, et le corps le dit.
Le point pratique que les couples découvrent tard : en tant que salariée, vous avez droit à des autorisations d’absence pour les actes médicaux nécessaires, sans diminution de votre rémunération, et votre conjoint salarié y a droit pour vous accompagner à certains d’entre eux. Nous détaillons ce point dans notre article sur le prélèvement d’ovocytes.
Le soir du feu vert : l’injection de déclenchement
Quand les follicules ont atteint la taille attendue, l’équipe programme une dernière injection, dite de déclenchement, qui imite le signal hormonal provoquant naturellement l’ovulation. Elle se fait à une heure précise, souvent tard le soir, et cette heure n’est pas négociable. Tout le reste en découle : le produit déclenche l’ovulation dans les 37 à 40 heures, et la ponction est programmée 36 heures après, c’est à dire juste avant. Quelques heures de décalage et les ovocytes seraient partis.
36 heures plus tard : la ponction des ovocytes
Vous arrivez à jeun, en hospitalisation de jour. Le geste se fait par voie vaginale, sous contrôle échographique, sous anesthésie ou analgésie selon les centres et selon votre situation. Une aiguille fine est introduite par le vagin et pique l’ovaire pour aspirer le liquide de chaque follicule, qui contient les ovocytes.
L’intervention est courte, la surveillance qui suit dure quelques heures, et la sortie se fait généralement en début d’après-midi. Prévoyez que quelqu’un vous ramène. Les suites habituelles ressemblent à celles de règles douloureuses : lourdeur dans le bas-ventre, saignements légers, fatigue. Les complications existent et l’Agence de la biomédecine les nomme, anesthésiques, hémorragiques et infectieuses, mais elles ne sont pas fréquentes.
Un point à préparer : votre tolérance aux antalgiques se dit à la consultation d’anesthésie, pas le matin même. Laurence supporte mal les antidouleurs forts, qui lui donnent des nausées, et elle a demandé à ne pas en recevoir. Le réveil a donc été douloureux, mais supportable, et c’était pour elle le meilleur compromis.
Le nombre d’ovocytes, annoncé en salle de réveil
C’est un moment que nous n’avions vu décrit nulle part, et pourtant l’un des plus marquants de la journée. Le nombre d’ovocytes recueillis est annoncé en salle de réveil, à voix haute, quelques minutes après l’intervention. Ce chiffre varie énormément d’une femme à l’autre. Nous avons eu la chance d’en avoir régulièrement assez, et ce qui nous a marqués, c’est d’entendre au même moment, dans la même salle, des femmes à qui l’équipe en annonçait très peu.
Ce chiffre prédit mal la suite. Des couples avec beaucoup d’ovocytes n’obtiennent pas de grossesse, et des couples avec deux ovocytes deviennent parents. Ce qui compte ensuite, c’est combien sont matures, combien se fécondent, et combien poursuivent leur développement. Recevoir un petit nombre ce jour là n’annonce pas un échec.
Le même matin : le recueil de sperme
Pendant que la ponction a lieu, votre conjoint effectue le recueil de sperme, dans une pièce réservée à cet effet au laboratoire, après une abstinence de deux à cinq jours. Le laboratoire prépare ensuite l’échantillon pour sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles. Quand le sperme a été congelé à l’avance, ou quand le projet repose sur un don, ce sont les paillettes qui sont décongelées ce matin là.
C’est l’étape dont personne ne parle, et souvent la plus difficile pour les hommes. Faire ce geste sur commande, dans un lieu médical, à l’heure exacte où sa compagne est au bloc, n’a rien d’évident.
Les centres le savent, et des solutions existent. Le CHU de Lille indique qu’en cas de difficulté antérieure pour le recueil, vous pouvez demander des conditions particulières, comme la présence de votre conjointe ou une congélation du sperme avant la tentative. Cette congélation de sécurité est la vraie réponse à la peur de ne pas y arriver le jour J. Elle se demande en consultation, en amont, jamais le matin même.
Guillaume : j’ai vécu ce moment plusieurs fois, dans deux lieux très différents, et une fois avec les ovocytes de Laurence à transporter moi même en voiture jusqu’au laboratoire pendant qu’elle était encore endormie au bloc. Ce que j’en retiens tient en une phrase : la difficulté est réelle, elle se prépare, et elle se dit avant plutôt qu’elle ne se découvre le matin même. Je raconte tout en détail dans notre article sur le vécu du conjoint pendant une PMA.
Quelques heures après : la mise en fécondation
Environ une heure après la ponction, le biologiste met les gamètes en présence, en FIV classique ou en ICSI selon ce qui a été décidé. Puis vous rentrez chez vous, et vous attendez l’appel du lendemain matin, qui donne le nombre d’ovocytes réellement fécondés.
Jours 1 à 5 après la ponction : le développement embryonnaire
Les embryons se développent en incubateur, sous l’œil du laboratoire. L’Agence de la biomédecine décrit le rythme : deux à quatre cellules en 24 heures, puis six à huit cellules 24 heures plus tard. Certains centres poursuivent la culture jusqu’au cinquième jour, le stade de blastocyste, ce qui permet de mieux repérer les embryons qui ont le plus de potentiel.
Voici ce que nous aurions aimé savoir avant : le nombre baisse à chaque étape, et il baisse beaucoup. Tous les ovocytes ponctionnés ne sont pas matures, tous les ovocytes matures ne se fécondent pas, et tous les œufs fécondés ne deviennent pas des embryons qui tiennent. Personne ne nous avait prévenus de l’ampleur de cette décroissance. Elle est pourtant normale et attendue par l’équipe : elle est simplement difficile à vivre quand vous la découvrez en direct.
2 à 5 jours après la ponction : le transfert embryonnaire
Dans la majorité des cas, le transfert a lieu deux à trois jours après la ponction. Il peut être repoussé au cinquième jour quand le centre pratique la culture prolongée.
Le geste est simple et indolore, dans les mots mêmes de l’Agence de la biomédecine. Un cathéter souple dépose l’embryon dans l’utérus, sous contrôle échographique. Aucune anesthésie n’est nécessaire, et vous repartez une à deux heures plus tard.
La plupart des couples voient l’embryon sur l’écran, et ce moment est étrange. Vous regardez l’échographie avec le médecin, persuadés que quelque chose va apparaître. Ce qui apparaît, c’est un point lumineux minuscule. À la fois cela matérialise enfin ce dont tout le monde parle depuis des mois, et à la fois c’est si petit que cela paraît irréel. Nous avons vécu ce moment à chacun de nos transferts, et il ne s’est jamais banalisé.
Le nombre d’embryons transférés se discute avec l’équipe. Le transfert d’un seul embryon est privilégié, parce qu’une grossesse gémellaire comporte des risques supplémentaires pour la mère comme pour les bébés. Aucun repos strict n’est nécessaire ensuite : rester allongée plusieurs jours n’améliore pas les chances d’implantation.
Les 12 à 14 jours suivants : l’attente, puis la prise de sang
C’est la partie du parcours dont les couples parlent le plus, et la seule où il n’y a rien à faire. Le dosage sanguin de bêta-hCG a lieu environ deux semaines après le transfert, et c’est lui qui donne le résultat. Les tests urinaires faits plus tôt donnent régulièrement des résultats trompeurs, dans les deux sens, notamment parce que l’injection de déclenchement contient de l’hCG et peut fausser la lecture pendant plusieurs jours.
Nous n’avons jamais fait de test urinaire avant la prise de sang. Tant que le dosage sanguin ne l’a pas dit, le doute reste entier, donc un test précoce n’apporte qu’une émotion de plus. L’attente n’en a pas été plus facile : quinze jours de stress et de peur que ça n’ait pas marché. Et l’angoisse ne diminue pas avec l’expérience, elle change de nature. À la première tentative, nous espérions beaucoup. À la suivante, après un échec, la peur avait pris la place de l’espoir. Le pire moment n’est d’ailleurs pas l’attente des quinze jours, c’est le jour du résultat : nous sommes restés assis dans le canapé pendant des heures, tous les deux, à attendre que le laboratoire rappelle.
Quand le résultat est négatif, cela ressemble à courir un marathon et à s’arrêter juste avant la ligne d’arrivée. Nous avons encaissé comme après un uppercut, groggy, pendant un ou deux jours. Puis l’espoir revient, parce que c’est vraiment ce que vous voulez, et vous recommencez. Tout est à refaire et cela ressemble à un mur infranchissable, mais c’est aussi le moment où vous découvrez la ressource que vous avez. Une consultation de bilan reprend alors chaque étape avec l’équipe et propose la suite : un transfert d’embryon congelé s’il en reste, ou une nouvelle stimulation.
Quand il est positif, c’est un feu d’artifice, et en même temps vous n’osez pas y croire. Une protection se met en place toute seule : vous vous dites qu’il faut quand même attendre l’échographie pour être sûrs. Mais le soulagement est immense, et cette attente là est infiniment plus légère que la précédente. Vous pouvez alors estimer votre date d’accouchement avec notre calculette FIV après transfert embryonnaire.
Et les embryons qui restent : la congélation et le transfert ultérieur
Les embryons de bonne qualité qui n’ont pas été transférés sont congelés, par une technique ultra-rapide appelée vitrification. C’est une bonne nouvelle concrète : un transfert d’embryon congelé évite de refaire la stimulation et la ponction. Le protocole se limite à préparer l’endomètre, puis à transférer. C’est plus court, plus léger physiquement, et les chances de réussite sont proches de celles d’un transfert frais.
Un point que nous n’avions pas anticipé : la décongélation n’est pas une formalité. Un embryon peut ne pas reprendre sa division cellulaire, et le transfert est alors annulé. Nous avons reçu cet appel : « inutile de venir, il n’y aura rien à transférer ». Pourtant, nos affaires étaient prêtes et nous attendions l’appel pour décoller. Ce n’est pas la règle, mais gardez cette possibilité en tête.
Chaque année, le centre vous demande ce que vous souhaitez faire de vos embryons conservés : poursuivre le projet, les donner à un autre couple, les donner à la recherche, ou mettre fin à leur conservation.
Le calendrier récapitulatif
| Moment | Ce qui se passe | Où vous êtes |
|---|---|---|
| Jours 1 à 12 environ | Injections quotidiennes, échographies et prises de sang de surveillance | Chez vous, plus des allers-retours tôt le matin |
| Le soir du feu vert | Injection de déclenchement, à l’heure exacte | Chez vous |
| 36 heures plus tard, le matin | Ponction des ovocytes, à jeun, puis annonce du nombre d’ovocytes | Hospitalisation de jour |
| Le même matin | Recueil de sperme, ou décongélation des paillettes | Au centre |
| Environ 1 heure après la ponction | Mise en fécondation, FIV classique ou ICSI | Laboratoire |
| Le lendemain matin | Appel du laboratoire : nombre d’ovocytes fécondés | Chez vous |
| 2 à 5 jours après la ponction | Transfert d’un embryon, sans anesthésie | Au centre, 1 à 2 heures |
| 12 à 14 jours après le transfert | Prise de sang, dosage de bêta-hCG | Laboratoire de ville |
| Ensuite | Congélation des embryons restants, ou consultation de bilan | Au centre |
Combien de temps dure une FIV, du début à la fin ?
Une tentative dure environ six semaines, entre le premier jour du traitement et la prise de sang.
Un parcours complet dure beaucoup plus longtemps. Il faut ajouter les mois de bilan avant de commencer, les semaines de pause entre deux tentatives, et le fait que l’Assurance Maladie prend en charge jusqu’à quatre tentatives de FIV. Compter en années plutôt qu’en mois est plus réaliste. Chez nous, quatre enfants sont arrivés au terme de trois ans de parcours.
Quelles sont les chances de réussite d’une FIV ?
Les chiffres qui suivent viennent de l’Agence de la biomédecine, qui centralise les résultats de tous les centres français.
Ce sont des moyennes nationales. Le résultat dépend fortement de l’âge de la femme, de la cause de l’infertilité et de la qualité des gamètes. Votre équipe est la seule à pouvoir situer votre situation par rapport à ces moyennes, et c’est une question qui vaut la peine d’être posée en consultation.
Ils se lisent par tentative, pas par parcours. Une tentative sur trois environ aboutit à une naissance. La majorité des tentatives n’aboutissent donc pas, et plusieurs essais sont la règle plutôt que l’exception. Personne ne vous le dit assez clairement au début.
Pour remettre ces chiffres à leur place, l’Agence de la biomédecine rappelle aussi les chances de conception spontanée par cycle : environ 25 % à 25 ans, 12 % à 35 ans, 6 % à 40 ans. Une FIV ne fait donc pas mieux que la nature quand la nature fonctionne. Elle ouvre une voie là où elle est fermée.
Qui peut faire une FIV en France, et qu’est-ce qui est remboursé ?
L’Assurance Maladie prend en charge l’assistance médicale à la procréation à 100 %, dans la limite de 6 inséminations artificielles et 4 tentatives de fécondation in vitro.
Les limites d’âge sont les suivantes : prélèvement d’ovocytes jusqu’au 43e anniversaire de la femme, recueil de spermatozoïdes jusqu’au 60e anniversaire de l’homme, utilisation des gamètes et transfert d’embryon jusqu’au 45e anniversaire de la femme qui porte l’enfant et jusqu’au 60e anniversaire de l’autre membre du couple.
Une prise en charge à 100 % ne signifie pas zéro dépense. Restent à votre charge les éventuels dépassements d’honoraires, les déplacements, et les journées non travaillées qui ne sont pas couvertes. Nous avons détaillé l’ensemble dans notre article sur le coût d’une FIV en France.
Un repère pour situer le sujet : en 2023, environ 27 455 enfants sont nés grâce à une AMP, soit 4 % des naissances, c’est à dire à peu près un enfant sur vingt-quatre.
Les risques et les effets à connaître
L’hyperstimulation ovarienne est la complication la plus fréquente. L’Agence de la biomédecine la décrit comme une réponse excessive des ovaires à la stimulation, qui se manifeste le plus souvent par une augmentation de la taille des ovaires, une gêne ou des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements ou une diarrhée. Les formes sévères sont rares et associent une prise de poids brutale, une accumulation de liquide dans l’abdomen et des troubles respiratoires. Exceptionnellement, des caillots sanguins peuvent se former. Ces signes justifient un appel immédiat au centre. C’est ce qu’à vécu Laurence. Cette hyperstimulation a nécessité plusieurs jours d’hospitalisation. Mais, peu de temps après, nous avons su qu’elle était enceinte de notre 3ème bébé.
La ponction expose à des complications anesthésiques, hémorragiques ou infectieuses, qui peuvent nécessiter un traitement, une hospitalisation ou une intervention. Elles restent inhabituelles.
Le retentissement psychologique mérite d’être nommé au même titre que le reste. L’enchaînement des traitements, l’attente des résultats et les échecs pèsent, sur chacun et sur le couple. Beaucoup de centres proposent un accompagnement psychologique : le demander est un réflexe utile, pas un aveu de faiblesse.
De notre côté, nous pratiquons l’hypnose et la sophrologie comme des soutiens pour mieux traverser cette période, en particulier l’attente et l’appréhension des gestes médicaux. Ce sont des soutiens au vécu, jamais des traitements de l’infertilité, et ils n’améliorent pas les chances de grossesse. Nous en parlons dans notre article sur l’hypnose et l’infertilité.
Ce que le calendrier ne dit pas
Ce que le parcours fait au couple. L’épreuve commence avant la première injection : quand vous faites l’amour les jours où la fertilité est au maximum parce que ce sont les bons jours, quand la température se prend chaque matin et se reporte sur une courbe. La sexualité devient analytique, puis franchement froide. Les câlins ne sont plus là pour le plaisir d’un moment partagé, ils sont là pour procréer. Cela s’installe sans que personne le décide, et cela use.
Notre couple était solide, ce qui a énormément aidé. Ce qui a aidé autant, c’est que nous avons parlé. Beaucoup. De la fatigue, de la peur, de la colère. Beaucoup de couples se séparent après un parcours de PMA, et cela n’a rien de surprenant. Si vous sentez que le dialogue se ferme, faites vous accompagner.
Ce que le parcours fait au travail. Pour Laurence, la difficulté venait des questions plutôt que des absences. Des collègues lui demandaient quand les enfants arriveraient, sans rien savoir de la situation. D’autres savaient, et en reparlaient à chaque fois. Ce n’est pas facile pour l’entourage de trouver le bon positionnement… Et surtout, elle était sage-femme : elle mettait des bébés au monde chaque jour, pendant que le sien se faisait attendre. Ces journées là ont été rudes.
Ce que nous dirions à quelqu’un qui commence demain. Vous êtes deux, restez deux jusqu’au bout. Ne perdez pas espoir, même après un échec. Et continuez à nourrir la joie à côté : une soirée, un week-end, un fou rire, des projets qui n’ont rien à voir avec la PMA. Ce sont ces à côtés qui vous font tenir. Le parcours prendra beaucoup de place, il n’a pas besoin de prendre toute la place.
Questions fréquentes
Le transfert d’embryon est-il douloureux ?
Non. L’Agence de la biomédecine le décrit comme un geste simple et indolore, comparable à un frottis. Aucune anesthésie n’est nécessaire, et une gêne passagère reste possible si le col est un peu serré. Vous repartez une à deux heures plus tard.
Combien de tentatives sont remboursées ?
L’Assurance Maladie prend en charge à 100 % jusqu’à 4 tentatives de fécondation in vitro et 6 inséminations artificielles, avec un prélèvement d’ovocytes possible jusqu’au 43e anniversaire de la femme.
Un petit nombre d’ovocytes ponctionnés annonce-t-il un échec ?
Non. Le nombre recueilli varie beaucoup d’une femme à l’autre et il prédit mal le résultat final. Des couples avec de nombreux ovocytes n’obtiennent pas de grossesse, et des couples avec très peu deviennent parents. Ce qui compte ensuite, c’est la maturité des ovocytes, la fécondation, puis le développement des embryons.
Que se passe-t-il si mon conjoint n’arrive pas à faire le recueil le jour de la ponction ?
C’est une crainte fréquente, et elle se prépare en amont. En cas de difficulté déjà rencontrée, ou simplement d’appréhension, vous pouvez demander à votre centre des conditions particulières : le CHU de Lille cite la présence de la conjointe, ou une congélation du sperme réalisée avant la tentative. Cette congélation de sécurité met les paillettes à l’abri au laboratoire et retire la pression du jour J. Parlez en à l’équipe dès la consultation qui précède la tentative.
Faut-il rester allongée après le transfert ?
Non. Le repos strict n’améliore pas les chances d’implantation. Reprenez une activité normale, en respectant votre fatigue.
Que deviennent les embryons congelés ?
Ils sont conservés par vitrification et peuvent servir à un transfert ultérieur, sans nouvelle stimulation. La décongélation reste une étape à part entière : un embryon peut ne pas reprendre sa division, et le transfert est alors annulé. Chaque année, le centre vous interroge sur votre souhait : poursuivre le projet, donner les embryons à un autre couple, les donner à la recherche, ou mettre fin à leur conservation.
Puis-je continuer à travailler pendant une FIV ?
Oui, la plupart des femmes travaillent pendant leur parcours. La difficulté vient moins du traitement que des rendez-vous très matinaux, confirmés au dernier moment. En tant que salariée, vous avez droit à des autorisations d’absence pour les actes médicaux nécessaires, sans perte de rémunération, et votre conjoint salarié y a droit pour vous accompagner à certains d’entre eux. Il peut y avoir des adaptations en cas de métiers à hauts risques. Parlez-en à votre médecin.
Ce que nous en retenons
Une FIV est un enchaînement d’étapes précises, courtes prises une à une, et longues mises bout à bout. Savoir ce qui arrive quand ne change pas le résultat, mais cela change la façon dont vous le traversez : vous cessez de subir un calendrier que vous découvrez au fur et à mesure.
Quatre choses à retenir avant de commencer : les rendez-vous se décident la veille, les chiffres baissent à chaque étape du laboratoire et c’est normal, une tentative sur trois environ aboutit, et plusieurs essais sont la règle. Rien de tout cela ne dépend de vous. Et si les examens ont désigné l’un de vous deux, relisez l’encadré du début.
Et chez vous, où en êtes vous de ce parcours ? Vos retours en commentaire aident les parents qui liront cette page après vous.
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Sources
- Assurance Maladie (Ameli), conditions d’accès à l’AMP, techniques, interdictions, nombre d’enfants nés par AMP en 2023 : Qu’est-ce que l’assistance médicale à la procréation ? Consulté le 7 août 2026.
- Assurance Maladie (Ameli), prise en charge à 100 %, nombre de tentatives, limites d’âge, consentement écrit, autorisations d’absence : Prise en charge de l’assistance médicale à la procréation. Consulté le 7 août 2026.
- Agence de la biomédecine, taux d’accouchement par ponction et par transfert, taux d’insémination, chances de conception spontanée par âge : Quel est le taux de réussite ou d’échec de l’AMP ? Consulté le 7 août 2026.
- Agence de la biomédecine, étapes de la FIV, rythme du développement embryonnaire, délai du transfert, caractère indolore du geste : La technique de la fécondation in vitro. Consulté le 7 août 2026.
- Agence de la biomédecine, risques de l’AMP, signes de l’hyperstimulation ovarienne, complications de la ponction : Quels sont les risques d’une AMP ? Consulté le 7 août 2026.
- CHU de Toulouse, délai de 36 heures entre déclenchement et ponction, hospitalisation de jour, délai du transfert et du dosage de bêta-hCG : La fécondation in vitro. Consulté le 7 août 2026.
- CHU de Lille, recueil de sperme, durée d’abstinence, conditions particulières en cas de difficulté et congélation du sperme avant la tentative : De la ponction au transfert. Consulté le 7 août 2026.
À propos des auteurs
Laurence RUAS, sage-femme pendant dix ans en maternité, puis accompagnante en périnatalité en cabinet, signe les repères médicaux de cet article. Guillaume RUAS signe l’encadré sur la culpabilité que font naître les bilans.
Nous avons quatre enfants, arrivés après trois ans de parcours de PMA, plusieurs tentatives et des échecs. Les informations médicales viennent des sources officielles citées plus haut. Le reste vient de ce que nous avons vécu.
Publié le 29 juillet 2025. Mis à jour le 7 août 2026.